Hey you ! Get on my cloud !


Cormac McCarthy – La route
décembre 5, 2009, 1:50
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“Aucune liste de choses à faire. Chaque jour en lui-même providentiel. Chaque heure. Il n’y a pas de plus tard. Plus tard c’est maintenant. Toutes les choses de grâce et de beauté qui sont chères à notre cœur ont une origine commune dans la douleur. Prennent naissance dans le chagrin et les cendres. Bon, chuchotait-il au petit garçon endormi. Je t’ai toi.”

La Terre n’est plus. L’apocalypse a donné naissance à un nouveau monde ravagé par les flammes, jonché de cadavres et parsemé de survivants. Quelques vagabonds solitaires. Des troupes de cannibales armés. Un père et son enfant errant sur une route de cendres. Ils poussent leur caddie de survie vers les côtes du Sud, les yeux dans le dos, guettant la faucheuse dans le rétroviseur.

La mort a remplacé la vie. Et même la vie ressemble à la mort. N’importe quel homme est une menace pour le dernier des survivants. Des jours, des mois, des années que le feu a dévasté presque toute l’humanité. Personne ne sait combien. Le calendrier est devenu obsolète comme tout ce qui ne se mange pas. Le feu a redéfini l’espace, le temps et la valeur de toute chose. Le futur a été recouvert d’un linceul de suie. Et le passé n’existe plus qu’en rêve. Chaque journée est épuisante. La nuit, c’est pire. Rêver des plaisirs d’une vie qui n’est plus, c’est mourir au réveil.

Reste l’essence d’une survie qui ne tient qu’à l’amour d’un père pour son fils. Quel héritage pourrait-il lui léguer ? Dans un monde où règne la barbarie, est-il encore possible d’avoir une once d’humanité ? A quel prix ? La route interpelle. Que ce soit à travers une conversation, un souvenir d’enfance ou la description d’un monde fait de cendres et de pluie, Cormac McCarthy touche au plus juste et au plus profond. L’épure du récit renvoie à l’urgence de la situation. La virgule se fait aussi rare que le rescapé. Les mots s’enchaînent comme les jours passent. Entrecoupés de “et”. Sans répit, sans repères. Certains passages, dépourvus de verbe, semblent faire écho à l’impuissance du père face à ce décor mortuaire. Plus ils marchent et plus la route ressemble à une impasse.

Il faut pourtant avancer… seulement pour qui, pour quoi ? Seul, l’homme n’est plus rien. Il doit son salut à l’autre. Le père n’a pas d’autre choix que croire en Dieu, lui, son fils qui voudrait tant voir le bleu de la mer. Pour le petit, son père est tout. Pour son père, le petit est sans nul doute possible la dernière manifestation divine de ce monde. “Il ne savait qu’une chose, que l’enfant était son garant. Il dit : S’il n’est pas la parole de Dieu, Dieu n’a jamais parlé”. Sans espoir, on meurt de fin… mais peut-on vivre d’espoir en mourant de faim ?



Chronique : Benjamin Biolay – La superbe
novembre 29, 2009, 1:17
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Benjamin Biolay
La superbe

Sortie : 19 octobre 2009
Durée : 94′21
Label : Naïve

Disque 1

01. La superbe
02. 15 août
03. Padam
04. Miss catastrophe
05. Ton héritage
06. Si tu suis mon regard
07. Night shop
08. Tu es mon amour
09. Sans viser personne
10. La toxicomanie
11. Brandt Rhapsodie

Disque 2

01. L’espoir fait vivre
02. Prenons le large
03. Tout ça me tourmente
04. Assez parlé de moi
05. Buenos Aires
06. Raté
07. Lyon presqu’île
08. Mélancolique
09. Reviens mon amour
10. Jaloux de tout
11. 15 septembre

A l’image de James Gray, réalisateur de “Two Lovers”, Benjamin Biolay impose son style dès la première scène. Sans fioriture, beau et poignant. Avec son titre éponyme, “La superbe” s’ouvre comme une plaie sur un espoir d’embellie. Les violons transpercent les mots, les saignent, vont et viennent, puis reviennent. Encore et encore. Piano et guitare redoublent d’intensité. Ils semblent courir côte à côte avant de s’écraser ensemble sur une voix qui s’emballe progressivement. C’est l’occasion pour Biolay de se livrer vocalement, bien plus qu’à l’accoutumée, avant qu’un air de saxophone vienne entériner cette introduction aussi sombre que brillante. Préface des vingt et un chapitres qui suivront. De variations presque toutes plus tristes les unes que les autres, émerge un thème d’espérance, un hymne à l’amour et une volonté de croire en la grande aventure qu’est la vie.

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Nick Hornby – A propos d’un gamin
novembre 25, 2009, 3:15
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1993. Londres. Will est un célibataire immature incroyablement cool. Selon ses calculs, il est bien plus branché que la plupart des mecs de son âge. La preuve c’est qu’il écoute Nirvana et Snoop Doggy Dogg. Tout le monde ne peut pas en dire autant. Will n’a pas de femme, pas d’enfant, pas d’amis et pas de travail, et s’en réjouit. Son père a composé une chanson qui est devenue un tube, puis a raté sa vie en essayant d’en écrire de meilleures. Pour le plus grand bonheur de Will qui vit des royalties et occupe ses journées comme il peut et surtout comme il veut. Dans la vie, il faut un minimum d’organisation alors il a mis au point une technique imparable : diviser une journée en unités de temps. Chaque unité vaut 30 minutes car Will s’est rendu compte qu’une heure, c’était bien trop impressionnant. Il est convaincu d’une chose, là où la plupart des gens échouent, lui s’en sort haut la main. A tel point qu’il se demande si des gens arrivent vraiment à manger, prendre un bain, faire les courses, aller chez le coiffeur, acheter des CDs… et travailler. Tout ça reste assez mystérieux pour Will, qui ne fait finalement pas grand chose et s’en contente, ce qui lui laisse du temps pour regarder “Des chiffres et des lettres” et avoir des idées de génie. La dernière en date, draguer à des réunions de parents célibataires.

A douze ans, Marcus est un (trop) gentil garçon, qui plus est (très) futé. Malheureusement, sa vie n’est pas facile. Sa mère est une hippie dépressive qui a décrété que son fils serait végétarien et ne porterait pas de vêtements à la mode. Car seuls les moutons la suivent. Du coup, Marcus va à l’école avec une veste en mouton. Ce qui est normal pour sa mère, et donc pour lui, mais pas forcément pour les autres élèves. Avec son look décalé, Marcus fait office d’OVNI. Il chante en classe sans s’en rendre compte, ne connaît pas Kurt Cobain mais aime Joni Mitchell, ce qui n’arrange rien à ses affaires. Du coup, Marcus n’a pas vraiment d’amis, juste quelques camarades qui lui jettent des cailloux. Et tout ce que les autres trouvent à dire, c’est qu’il devrait rester en dehors de leur chemin, comme si Marcus n’essayait pas de les éviter. Bref, ça ne va pas fort à l’école, et guère mieux à la maison. Marcus s’inquiète pour sa maman. Il pense qu’elle devrait trouver un petit ami car à trois, on est forcément mieux qu’à deux. Un beau jour, il accompagne Suzie (une amie de sa mère, elle aussi divorcée) à un pique-nique entre parents célibataires, et fait la connaissance de Will, père du petit Ned. Après une sombre histoire les mêlant à un canard, Will et Marcus vont curieusement se rapprocher.

A propos d’un gamin est l’histoire d’une rencontre, celle de deux hommes seuls. L’un a douze ans, l’autre la trentaine. Pourtant, Will n’est pas plus adulte que Marcus est enfant. Tous deux ignorent leurs problèmes alors que chacun a la réponse. Reste à poser les bonnes questions. A travers ce roman, Nick Hornby illustre, avec brio et humour, les pérégrinations de deux âmes solitaires en quête d’identité.



Bouchée bâclée #11 : Beach House
novembre 23, 2009, 9:00
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Beach House – Some things last a long time

Artiste : Beach House
Album : Devotion
Année : 2008
Genre : Aérien, nocturne & onirique



The Visitor
novembre 22, 2009, 8:19
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[Séance de rattrapage]

Walter Vale (Richard Jenkins, plus connu sous le nom de Nathaniel Fisher Senior), la soixantaine passée, traverse une crise existentielle. Professeur d’économie dans une université du Connecticut, il semble résigné face à la routine. Ses journées se suivent et se ressemblent, rythmées par une énième conférence sur la croissance des pays émergents, la rédaction d’un livre qui n’avance pas et des leçons de piano dont il ne tire aucun épanouissement personnel. De passage à New York, Walter va faire la rencontre de deux immigrés clandestins dans de bien curieuses conditions. Tarek (Haaz Sleiman) joue du djembé dans des clubs de jazz et Zainab (Danai Jekesai Gurira) fabrique des bijoux africains qu’elle vend sur un marché. A priori, deux univers les opposent. Pourtant, d’un monde à l’autre, il n’y a qu’un fossé culturel à franchir. Le djembé fera office de pont. Alors que Walter imprime une nouvelle cadence à sa vie en découvrant l’afrobeat de Fela, Tarek est rattrapé par son destin.

“The Visitor” impressionne par sa justesse. Que ce soit le propos ou le jeu des acteurs, rien ne sonne faux. Si Richard Jenkins est bouleversant, Haaz Sleiman, Danai Jekesai Gurira et Hiam Abbass (la mère de Tarek) ne sont pas en reste. Il faut également saluer les choix de Thomas McCarthy qui a su éviter les écueils qui auraient pu faire basculer “The Visitor” au rang des films complaisants. Le réalisateur n’invite pas le spectateur à s’indigner à grands coups de soupirs, mais a l’intelligence de l’impliquer dans une histoire profonde et émouvante. C’est avec une certaine subtilité qu’il le sensibilise au sujet de l’immigration clandestine aux Etats-Unis. Au lieu de miser sur un scénario larmoyant, le réalisateur s’attache à dépeindre au naturel, sans ratures ni retouches, les relations humaines qu’entretiennent les personnages. Le spectateur contemple ainsi un tableau rare, car dépourvu d’artifices, basé sur une humanité latente qui vient renforcer l’amour et l’amitié unissant les différents protagonistes. Un beau moment de cinéma.



Chronique : Alain Souchon – La Vie Théodore
octobre 24, 2009, 1:08
Classé dans : Chroniques

Alain Souchon
La Vie Théodore

Sortie : 5 septembre 2005
Durée : 40’18
Label : Virgin

Alain Souchon_La Vie Théodore

01. Putain ça penche (A. Souchon/L. Voulzy)
02. J’aimais mieux quand c’était toi (A. Souchon)
03. Bonjour Tristesse (A. Souchon)
04. La vie Théodore (A. Souchon)
05. En collant l’oreille sur l’appareil (A. Souchon)
06. A cause d’elle (A. Souchon/L. Voulzy)
07. Et si en plus y’a personne (A. Souchon/L.Voulzy)
08. Le mystère (A. Souchon)
09. Le marin (A. Souchon/P. et A. Souchon)
10. L’île du dédain (A. Souchon/P. Souchon)
11. Lisa (M. Davidovicci & P. Grillet/P. Souchon & J. Voulzy)

“La vie Théodore”. Un titre pour le moins mystérieux. Un album sombre à en juger par le ton de la pochette et cet homme pensif, presque inquiet au moment de jeter un œil dans le rétroviseur de sa vie. Rien de bien affolant pour son public, un Souchon souriant, cocktail à la main, aurait dérouté plus d’un de ses fans. Ma modeste condition de chroniqueur bénévole du dimanche m’a parfois poussé à me fourvoyer dans de beaux principes. J’ai par exemple cru pendant quelques temps qu’il fallait forcément maîtriser son sujet pour chroniquer un album. C’est faux. Que ce soit devant un auditoire ou un lectorat, il suffit de rester sûr de soi pour être pris au sérieux. “La Vie Théodore” est sans conteste possible le meilleur album de Souchon, un monument du patrimoine musical français.

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Bouchée bâclée #10 : Hey Hey, My My…
octobre 23, 2009, 3:17
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Neil Young, c’est le rock. Ce double album live (“Weld”), c’est le rock. Et cette chanson, c’est aussi le rock. Voilà un postulat compte triple. ‘Hey hey, my my…’ a marqué toute une génération. Pour le meilleur mais aussi pour le pire. 5 avril 1994, Kurt Cobain cite les paroles du Loner (“it’s better to burn out than to fade away”) dans la lettre qu’il écrit avant de mettre fin à ses jours. Triste preuve de l’estime qu’avait le leader du groupe Nirvana pour le parrain du Grunge. Ce dernier lui rendra hommage sur l’album “Sleeps with angels” avec notamment le touchant ‘Change your mind’.

Neil Young & Crazy Horse – Hey Hey, My My (Into the Black)

Neil Young & Crazy Horse_Weld

Hey hey, my my
Rock and roll can never die
There’s more to the picture
Than meets the eye
Hey hey, my my

Out of the blue
And into the black
They give you this
But you pay for that
And once you’re gone
You can’t come back
When you’re out of the blue
And into the black

The king is gone
But he’s not forgotten
Is this the story
Of Johnny Rotten ?
It’s better to burn out
Than to fade away
The king is gone
But he’s not forgotten

Hey hey, my my
Rock and roll will never die
There’s more to the picture
Than meets the eye
Hey hey, my my



Ma sphère
octobre 7, 2009, 4:25
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workin__sphere1

Six mois. Douze, dix-huit ou peut être plus, je ne sais plus. Une chose est sûre, ça commence à faire long. Je fatigue. Derrière moi, un énorme sac… vide. Je vis d’imaginaire, rêve de réel. La norme, c’est l’inverse. Pour une fois, j’aimerais en être. En ce moment, je voyage au bout de la nuit. Avec ou sans Céline. Quand je me réveille, je pense déjà à elle. Ma moitié. C’est cette fenêtre. Cette feuille blanche.

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Chronique : The xx – xx
octobre 1, 2009, 1:37
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The xx
xx

Sortie : 29 septembre 2009
Label : XL
Durée : 38’35

The XX-XX-cover

01. Intro
02. VCR
03. Crystalised
04. Islands
05. Heart skipped a beat
06. Fantasy
07. Shelter
08. Basic space
09. Infinity
10. Night time
11. Stars

Musicalement nés sous XX à 11 ans et déjà promis au succès à 19, voilà à quoi pourrait se résumer l’histoire de ces quatre jeunes Londoniens. Olivier (basse, voix rauque) et Romy (guitare, voix fluette) se connaissent depuis le berceau. Baria (claviers, guitare) et Jamie (MPC, production) les ont rejoints sur les bancs de l’école, avant de démarrer leur aventure musicale entre deux cours. A l’image de son logo symétrique, le groupe affiche un équilibre parfait, deux filles, deux garçons et des influences tous azimuts. Adeptes de The Cure, de Rihanna et des Kills, les XX ont grandi en ratissant large, profitant de la discothèque rock de leurs parents et pillant tous les disques durs de leurs amis. Arborant un look émo aussi dissuasif que celui de The Horrors (auteurs cette année du très bon “Primacy Colours”), les XX font néanmoins partie, avec leurs aînés d’Hot Chip, de cette nouvelle scène anglaise qui a le vent dans le dos. A peine la vingtaine, cette bande d’ados débarque sur les ondes avec l’insouciance de leur jeunesse et un album aussi sobre que réussi. Derrière un digipack noir et un découpage en forme de croix, laissant entrevoir un livret blanc, se cachent onze titres épurés, mélancoliques et lumineux.

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Bouchée bâclée #9 : Benjamin Biolay
septembre 28, 2009, 3:28
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Benjamin Biolay n’aime pas la nouvelle scène française et pourtant, il en fait partie.  Il crache sur Bénabar et compose pour Raphaël. Le pauvre en est réduit à essayer d’imiter Gainsbarre, c’est d’ailleurs pour ça qu’il a les cheveux sales. Il fait parler de lui dans les médias parce que bon, sa musique… tout le monde s’en fout.

Personnellement, je n’aime ni les Hommes, ni la glace au chocolat. J’accorde peu d’importance à ce que les autres pensent, un peu plus aux miens. J’adore le chocolat. Enfin, sauf la glace. Et vous ?

J’écoute les gens. Benjamin Biolay est un personnage détestable, c’est certain. Moi, je préfère écouter ses albums.

Benjamin Biolay – Bien Avant

Benjamin Biolay_Trash Yéyé

Bien avant qu’on se soit connu
Bien avant qu’on se soit parlé
Bien avant que je t’ai vue nue
Je savais déjà que je t’en voudrais

Bien avant qu’on se soit déçu
Bien avant qu’on soit des déchets
Bien avant ce goût de déjà vu
Je savais déjà qu’on y resterait

Que personne ne sortira d’ici
Que personne ne retiendra la nuit
Qu’on ira pas tous au paradis
Bien avant l’heure
De la ciguë
Bien avant l’heure
Des heures dues
Bien avant qu’on s’aime tu ne m’aimais plus

Bien avant qu’on se soit brisé
Bien avant qu’on soit des vendus
Bien avant que je t’ai reniée
Je savais déjà qu’on était vaincu

Bien avant qu’on se soit cogné
Bien avant qu’on ait du vécu
Bien avant que tu te fasses soigner
Je savais déjà qu’on était perdu

Et que personne ne sortirait d’ici
Et que personne ne retiendrait la nuit
Qu’on ira pas tous au paradis
Bien avant l’heure
De la ciguë
Bien avant l’heure
Des heures dues
Bien avant qu’on s’aime tu ne m’aimais plus

Bien avant qu’on se soit perdu
Bien avant qu’on ait rien gagné
Bien avant le coup de massue
Je savais déjà tout ce que je sais

Bien avant qu’on soit des pendus
Bien avant qu’on soit des regrets
Bien avant que tout soit fichu
Je savais déjà que tu t’en foutais