Hey you ! Get on my cloud !


Ma sphère
octobre 7, 2009, 4:25
Classé dans : Derrière ma feuille blanche | Mots-clefs: , , , , ,

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Six mois. Douze, dix-huit ou peut être plus, je ne sais plus. Une chose est sûre, ça commence à faire long. Je fatigue. Derrière moi, un énorme sac… vide. Je vis d’imaginaire, rêve de réel. La norme, c’est l’inverse. Pour une fois, j’aimerais en être. En ce moment, je voyage au bout de la nuit. Avec ou sans Céline. Quand je me réveille, je pense déjà à elle. Ma moitié. C’est cette fenêtre. Cette feuille blanche.

Premier geste du matin, je l’allume. Une, deux, trois notifications. Messagerie, blogs, forums. Et ainsi de suite. Les internautes sont mes voisins. Je les épie. Eux aussi. Certains le savent, d’autres pas. Y’en a qui se parlent et d’autres qui ne se disent rien. Un peu comme dans la vraie vie. Quand j’étais petit, l’idée de prendre la parole m’effrayait autant que les filles. Aujourd’hui, je n’ai plus peur. Je communique avec mes doigts. Inquiétant, fascinant, je ne sais pas.

Sur Internet, les gens sont passionnants. Ils ont toujours un avis sur tout et plein d’histoires à raconter. Certains tiennent des blogs. Quelques-uns prennent ce truc au sérieux. En ce qui me concerne, je tue le temps en veillant à ce qu’il ne souffre pas. Dans la vraie vie, les gens sont ennuyants et manquent cruellement d’autodérision. Ils font la gueule. Les vrais gens ont le regard vide et ne s’intéressent à rien. Ils ne sourient pas très souvent. Tout ça, c’est ce qu’on finit par croire. Car tout ça n’existe pas sur Internet. Tout le monde il est beau ^^ Tout le monde il est gentil :) De la tristesse, l’internaute retire une pointe de cynisme. Et comme il est altruiste égocentrique, il partage. En découle un joli statut. Et les gens du réseau social aimeront ça. Je sais de quoi je parle, j’en fais partie.

Plus le temps passe et plus je me dis que l’amitié ressemble à une main bouffée par la lèpre. Je finirai par l’amputer moi-même. Les meilleurs déçoivent alors que certains, seulement de passage, séduisent. Peut-être parce qu’ils n’ont pas assez de temps pour décevoir. Après décompte, il reste quelques survivants. Et la famille. C’est important. Les Fisher me l’ont dit dans le carré magique. Alors je prends ma photo et j’avance.

Egoïste par nature, je pense à la première personne, repense à la première. Coupé. “La vie, c’est pas du 16/9″. Y’aura pas de suite. Peu importe, tout vient à point à qui sait attendre. Non non, ça c’est des conneries. Avec le temps, tout se conjugue à l’imparfait. J’observe. Parfois plusieurs mois sans jamais rien voir. Parfois le temps d’un trajet, une conversation suffit. Les masques tombent, les vrais gens aussi. Quelques sourires, quelques cicatrices. Un regard, un espoir.

3H00. Je ne dors toujours pas. J’écris. Je ne sais rien faire d’autre de mes dix doigts. Même pas un papier cadeau. J’ai besoin d’aide pour ça. Heureusement, je peux compter sur celui qui m’a abruti le cerveau. Google n’a pas fini de me rendre con. Je continue de taper sur les touches de mon clavier. Je me sens vivant. Même si le jour d’après, je ne suis sûr de rien. Je m’en fous. Demain, c’est loin. Cette nuit, j’entends des voix. J’aperçois ‘leurs ombres’. “On l’aime pour le lire dans ses yeux, on vit pour soi, on meurt pour eux”. Cynique triptyque. Surtout quand on a peur du regard de l’autre.

Psykick Lyrikah – La Sphère


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“Si les gens sont si méchants, c’est peut-être seulement parce qu’ils souffrent.”

Comment par Louis Ferdinand




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